10Stern envisage enfin une troisième raison darticuler lémotion à laction, quand bien même elle se présente comme la négation dune action. Contrairement à lidée reçue en effet, lémotion nest pas ce quil faut contrôler, lémotion est une modalité de régulation de laction, une de ses modulations ou de ses modifications. Stern nhésite pas à y voir le premier niveau de la moralité first stage of morality, du fait que lémotion désigne ici une capacité de maîtrise de soi self control, la possibilité de renoncer à une possibilité qui mest offerte. Ainsi est-il bien que la colère puisse rester colère, sans jamais déboucher sur une conduite dagression physique : Anger often remains just anger; yet such anger is the positive result of an act of stalling the attack. De même, il apparaît heureux quun homme puisse se contenter de crier son désaccord plutôt quil ne tue celui qui a causé son énervement ou sa déception, ou quelquun qui incarne le monde qui sest radicalement opposé à ses intentions. 19Afin détayer cette interprétation, diamétralement opposée à la première, il convient de préciser la façon dont jaborde louvrage de Sartre. Fondamentalement, selon moi, l Esquisse dune théorie des émotions nest pas une psychologie, bien que louvrage se présente comme une expérience de psychologie phénoménologique. Lémotion chez Sartre est une dimension de la psyché quil faut considérer comme un élément-clé dun projet anthropologique : HAL-Lille est connecté à LillOA Lille Open Archive, larchive ouverte institutionnelle de luniversité de Lille. Καταστηματα wind θεσσαλονικη κεντρο ΔΩΡΕΑΝ ΜΕΤΑΦΟΡΙΚΑ ΑΝΩ ΤΩΝ 39 Existential analysis and psychopathology a contribution to research on psychosis
ALONSO-FERNANDEZ F. : Lespace des phobiques. In Espace et psychopathologie, Y. Pélicier dir, Paris, Economica, 1983 CHARBONNEAU G. : Lidentité sexuelle masculine et son expressionnisme de genre dans lhystérie. Hystérie et philosophie du vivant, Le Cercle Herméneutique-Revue N 24-25, 1er et second semestre 2015
J. Von Uexküll souligne vers la fin de son ouvrage que cette signification est non seulement variable suivant les espèces mais aussi suivant les dispositions de lanimal considéré ; ainsi le même objet de forme cylindrique en loccurrence une anémone de mer change de signification fourreau, leurre ou nourriture dans le milieu du même bernard-lhermite, selon la disposition dans laquelle se trouve ce dernier Jacob von Uexküll, 1956, p. 107 Note de bas de page 11 :
Enregistrer mon nom, mon e-mail et mon site web dans le navigateur pour mon prochain commentaire. 6Mais quelles sont les conséquences, selon Stern, de cette dualisation essentielle de ce qui, chez Heidegger, est en tout cas accidentel, sinon contradictoire? Cela induit dabord une contradiction au sein du projet sartrien. Sartre semble considérer que le comportement normal de lhomme est un comportement pragmatique et rationnel, que lémotion du coup ne peut être rangée que du côté de lanormalité. Sartre défendrait donc, en sous-main, une forme sévère de rationalisme, alors même quil veut limiter les prétentions de ce rationalisme en considérant lémotion comme un mode spécifique du rapport de la conscience au monde. Selon Stern, une critique de la théorie sartrienne des émotions doit commencer par une critique de ce que Sartre entend par normalité. Cela revient à sinterroger sur ce que Sartre considère comme normal et à considérer cette normalité comme une attitude dérivée, comme une certaine abstraction de lexpérience, possible dans certaines conditions. Cela revient donc à interroger les conditions de possibilité de ce qui est ou serait jusque-là tenu pour donné : How is soberness and rationality possible? Telle est, pour Stern, la bonne question à poser. Selon lui, en effet, les traits que Sartre prête au monde magique de lémotion ne sont rien dautre que les caractéristiques, isolées et rationalisées, exacerbées, du monde quotidien, de lexpérience ordinaire everyday world. Il ny a pas de monde de lémotion, pourrait-on dire, non pas parce quun monde au sens propre doit être parfaitement rationnel, mais précisément, à linverse, parce que le monde dans lequel nous vivons et agissons est toujours pré-constitué pre-constituted par un fond émotionnel. Aussi les expériences émotionnelles extrêmes que Sartre décrit sur le modèle de langoisse heideggerienne, ces expériences extrêmes et pathologiques extreme and pathological emotional events, témoignent seulement du fait que la condition normale normal condition de lhomme est une condition affective mood condition. jeu, 06112020-12:00 Mardi 16 juin Journée daction Santé JOLI A. : Sens et transformations de la douleur morale, in Phénoménologie des sentiments corporels, T. II, Fatigue, lassitude, ennui, B. Granger et G. Charbonneau dir, Argenteuil, Le Cercle Herméneutique, 2003 Leur longue histoire de cohabitation, dapprivoisement et de domestication na aucunement besoin dêtre rappelée ; elle peut logiquement être posée et historiquement être déclinée parce que notre monde na jamais été sans animaux, parce que les représentations de la préhistoire par exemple de la grotte Chauvet datées denviron 31 000 ans témoignent de lintérêt de lhomme pour les animaux chassés et sauvages et parce que nous retrouvons des preuves archéologiques de la domestication du chien il y a 32 000 ans, du bœuf en Turquie il y a 10 700 ans.. Cette histoire est celle dune co-adaptation ou plus justement dune co-évolution avec domination de lhomme ce que Konrad Lorenz voit en 1950 et 1954 plutôt comme une domestication parallèle de lanimal et de lhomme sauto-domestiquant, porteur de défaillances physiques lembonpoint, la mollesse musculaire.. Et comportementales élargissement des schémas déclencheurs innés et modification quantitative de lexcitation de mouvements instinctifs esthétiquement et moralement dommageables, mais facteurs pour lhomme dune plus grande plasticité, dune forme de liberté et dune ouverture au monde. Perspective voisine de linconscient structuré comme un langage. La révolte surréaliste toutefois se révèle impropre CALLIERI B. : Phénoménologie et psychiatrie en Italie entretien, Le Cercle Herméneutique N 1, avril 2003.
Buytendijk Phenomenologie De La Rencontre
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