Salle des Fêtes de la Mairie 12, place Léon Blum dans le 11 ème arrondissement
1 min de lecture Les livres ont la parole : Le Grand Meaulnes dAlain-Fournier Comme chaque dimanche, nous nous plongeons dans les monuments de la littérature avec aujourdhui lunique roman dAlain-Fournier. Un jour, Augustin part en calèche et se perd quand la nuit tombe. Il arrive dans un manoir où est célébré un mariage. Il y rencontre la jeune Yvonne de Galais dont il tombe amoureux. Pour en savoir plus, y compris sur la façon de contrôler les cookies, reportez-vous à ce qui suit : Collectif spontané du Covid 19, vivre ensemble De cousette en causette, de mail en mail.. Service d animation spirituelle et d engagement communautaire au primaire Toi et moi, on est différent! Estime de soi au préscolaire Séquence de 5 rencontres en classe Estime de soi au préscolaire 1 Dans le roman, les personnages appellent le manoir que cherche Augustin le domaine sans nom. Cest lendroit où il a rencontré Yvonne, son grand amour. Cest un lieu mystérieux. On peut dire que ce domaine représente la magie, et donc lenfance.
JP Manova était très ému après la prestation des adolescents. De films SRF et de la Quinzaine des réalisateurs, Alain Fournier, Le Grand Meaulnes, Paris, Flammarion 2014, format poche, 290 p. Un peu après, Yvonne met au monde une petite fille. Mais la jeune mère meurt le lendemain sans avoir revu Augustin. François sinstalle aux Sablonnières et il découvre quelques mois plus tard, le journal de Meaulnes qui lui fournit des renseignements sur sa vie passée à Paris : en cherchant Yvonne, son ami a rencontré et séduit Valentine, la fiancée de Frantz. Lorsquil découvre qui elle est, il éprouve le sentiment davoir trahi son ami. Meaulnes chasse Valentine, mais pris de remords, il essaye de la revoir, mais elle sétait enfuie. Pour expier ce quil considérait comme sa faute, Meaulnes quitte Yvonne pour répondre à lappel de Frantz et part dès le lendemain de ces noces en se promettant de revenir avec Frantz et Valentine marié. Epilogue Grand Meaulnes Mais lhomme qui entrait dans la cour métait inconnu.. Pour de nouvelles aventures. La rue Grandir, qu est-ce que cela signifie vraiment? Un jeune qui a vécu isolé dans les rues de Paris témoigne. Cette fiche pédagogique propose de découvrir une réalité peu connue de la France d aujourd Le roman na pas à rougir de cette version BD qui invite très joliment et fidèlement à redécouvrir un grand classique. Par va consister dans la recherche de ce chemin perdu. Meaulnes Voici la maison de Frantz, dit la jeune fille ; il faut que je vous quitte Alain-Fournier, ce vivant Georges-Albert Astre. La formule résume à elle seule un demi-siècle de fétichisme. Culte entretenu par les proches de lécrivain : Isabelle et Jacques Rivière, puis leurs descendants, qui forment depuis 1975 le cœur de l AJRAF Association des Amis de Jacques Rivière et dAlain-Fournier. Amateurs de littérature et passionnés de la Grande Guerre se retrouvent dans lhommage au génie mort pour la France jusquà ce quen septembre 1989, un article du Figaro littéraire suggère que le régiment du lieutenant Alain-Fournier a été exécuté par lennemi pour avoir osé attaquer une ambulance allemande. Loutrage rend désormais lidéalisation impossible : envoyée en reconnaissance offensive au lendemain de la première bataille de la Marne, le 22 septembre 1914, la patrouille du lieutenant Alain-Fournier aurait tiré sur un convoi sanitaire, avant dêtre à son tour attaquée par des grenadiers ennemis. En représailles, ces derniers auraient fusillé les soldats français, puis les auraient jetés, ligotés, dans une fosse commune. En 1991, la découverte inespérée des dépouilles dans les bois de Saint-Rémy-la-Calonne prouve finalement que les Français ont succombé à des blessures de combat. Pourtant, une décennie plus tard, la discussion engagée autour de la disparition dAlain-Fournier sur lencyclopédie collaborative vire encore au pugilat. 1914, Alain Fournier rejoint le front comme lieutenant Commandez en ligne votre boite de 15 caramels de la confiserie Klaus à Morteau : 3 Votre adresse email sera uniquement utilisée par la société M6 Web pour vous adresser votre newsletter.
est généralement considéré comme lauteur dun seul livre : son roman Le Grand Meaulnes publié en 1913, alors quil avait vingt-sept ans, nest pourtant pas son seul écrit. Cest dabord par des poèmes en vers libres quHenri Fournier manifeste à partir de lété 1904 il a dix-sept ans son désir de devenir écrivain. Quelques-uns de ces premiers poèmes et nouvelles ont été publiés de son vivant dans diverses revues, connaissant un certain succès ; avec la plupart des autres, ils furent rassemblés en 1924, par son beau-frère Jacques Rivière chez Gallimard, sous le titre Miracles. Dès le 13 août 1905, au cours de son séjour à Londres, Henri Fournier déclarait, dans une lettre à son ami Jacques, former un autre projet, celui dêtre romancier, à la manière de Dickens. Et sans doute peut-on dater de cette époque les toutes premières ébauches du Grand Meaulnes. La découverte et le développement de la photographie conduisent La première partie du roman exploite ce registre aux frontières de la réalité si bien que nous ne savons plus très bien si les événements sont fidèles ou retranscrits, amplifiés et interprétés par des narrateurs habités par lesprit denfance Augustin qui a vécu laventure et François qui rapporte ce quil a entendu. Ce caractère est dautant plus marqué quune bonne partie du récit résulte de récits nocturnes. Le sommeil joue un rôle important dans le déroulement des aventures dAugustin. Cest lui qui est à lorigine de légarement de Meaulnes. Il marque la césure entre le monde familier et lunivers dont il est la porte. Lui est naturellement associé le rêve vécu comme une irruption du surnaturel dans lexistence ordinaire. Le roman ny échappe pas : avant dentrer dans le domaine mystérieux, Meaulnes qui a trouvé refuge dans une bergerie est habité dun songe prémonitoire : il se rappela un rêve une vision plutôt, quil avait eue tout enfant, et dont il navait jamais parlé à personne : un matin, au lieu de séveiller dans sa chambre, où pendaient ses culottes et ses, il sétait trouvé dans une longue pièce verte, aux tentures pareilles à des feuillages. En ce lieu coulait une lumière si douce quon eût cru pouvoir la goûter. Près de la première fenêtre, une jeune fille cousait, le dos tourné, semblant attendre son réveil Il navait pas eu la force de se glisser hors de son lit pour marcher dans cette demeure enchantée. Il sétait rendormi Mais la prochaine fois, il jurait bien de se lever. Demain matin, peut-être! Ce rêve au cours du sommeil ou de la veille nous fait entrer dans les arcanes du conte. Comme dans toute aventure merveilleuse, le héros est en quête dune princesse, jeune fille idéalisée : Je métais persuadé quil avait dû rencontrer une jeune fille. Elle était sans doute infiniment plus belle que toutes celles du pays, plus belle que Jeanne, quon apercevait dans le jardin des religieuses par le trou de la serrure ; et que Madeleine, la fille du boulanger, toute rose et toute blonde ; et que Jenny, la fille de la châtelaine, qui était admirable, mais folle et toujours enfermée. Cest à une jeune fille certainement quil pensait la nuit, comme un héros de roman. Cette jeune fille exquise est dune autre espèce que les beautés campagnardes au point de paraître inaccessible. Il existe dautres éléments propres au récit merveilleux. Le château de la Belle est perdu au milieu des marais, lieu de lépreuve dans plusieurs contes ou romans de chevalerie, dans un bois, comme dans La Belle et la Bête ou La Belle au bois dormant. Il est repéré par la flèche dune tourelle grise. À sa vue, Augustin est plein de surprise, troublé dune émotion inexplicable. Ce pressentiment prépare le lecteur à une rencontre hors du commun. Meaulnes éprouve un contentement extraordinaire, une tranquillité parfaite et presque enivrante, la certitude que son but était atteint et quil ny avait plus maintenant que du bonheur à espérer. Alain-Fournier souligne ainsi que, dans sa quête, Augustin a été guidé à son insu par une puissance tutélaire. Plus loin il fait dire à Augustin : Dailleurs, je ne suis pas un intrus ici. À cet instant, le lecteur a limpression que le héros avance dans un monde régi par la magie blanche. La suite ne le détrompe pas. Augustin découvre les prémices de la fête : les allées balayées, le temps des libertés révélé par les groupes denfants espionnés. Mais ce sont les enfants qui font la loi, ici? Étrange domaine! Ce vert paradis enfantin est essentiel pour le merveilleux. Alain-Fournier reprend à son compte la version espiègle des Saturnales : le monde dominateur et rigoureux des adultes a abandonné son pouvoir à une République des enfants où se manifeste spontanément lenvie de ce qui est normalement défendu. Ce sentiment de monde renversé est renforcé par lhabillement étrange des fillettes en simples robes droites, ce qui est notoirement insuffisant pour une rude journée dhiver, et en jolis chapeaux à brides. Une plume blanche leur traînait dans le cou, à toutes les trois. Cette trinité ne peut quévoquer les Grâces ; la plume blanche signe la féerie Augustin découvre ensuite un rassemblement hétéroclite dattelages et de voitures de préférence anciennes qui font penser à Cendrillon. De même la chambre dans laquelle il pénètre par effraction est un musée en désordre qui accueille des objets bizarres : un grand lit bas, couvert de vieux livres dorés, de luths aux cordes cassées et de candélabres dont lancienneté et la fonction symbolique suggèrent un monde enchanté. La scène sachève sur lévocation verlainienne dune ariette oubliée : Il lui sembla bientôt que le vent lui portait le son dune musique perdue. Cétait comme un souvenir plein de charme et de regret. À son réveil, il découvre une accumulation de costumes de jeunes gens dil y a longtemps, des redingotes à hauts cols de velours, de fins gilets très ouverts, dinterminables cravates blanches et des souliers vernis du début de ce siècle. Cette scène de la chambre de Wellington est très significative de la manière dont Alain-Fournier crée un climat onirique entre fantasmagorie et réalisme. Augustin, transi de froid, se réveille au milieu de la nuit. Alain Fournier met en place soigneusement des éléments étranges : Une faible clarté glauque, deux lanternes vénitiennes vertes, deux bohémiens inspirés du couple opposé et néanmoins complémentaire des clowns relevé dune touche fantastique. Le dialogue qui suit entre les deux baladins est destiné à justifier cette réunion insolite ; mais, dans le même mouvement, linvraisemblance assumée des raisons avancées mine la tentative de rattachement au réel, comme dans lexercice du nonsense. Ainsi la présence des bohémiens, anges de la nuit, est justifiée par la nécessité des illuminations alors même que lun deux doute de leur bien-fondé : À quoi bon ces illuminations du côté de la campagne, du côté du désert, autant dire? Il ny a personne pour les voir. De même, la suite du dialogue est dun humour absurde étonnant à la façon dun fossoyeur de Shakespeare : couleur des lanternes, Wellington transformé en Américain, considérations sur le voyage-déplacement et le voyage-évasion Oui, jai voyagé! Mais je nai rien vu! Que veux-tu voir dans une roulotte? pour finir sur lincongruité de leur présence. Dans un évident souci de à contre-emploi, Alain Fournier noublie pas de noter chez Meaulnes la guérison miraculeuse du genou blessé par le marchepied de la carriole. Cette atmosphère onirique se poursuit le lendemain avec le charme magique qui transforme le jeune paysan contemplant son image dans leau : Il saperçut lui-même reflété dans leau, comme incliné sur le ciel, dans son costume d étudiant romantique. Et il crut voir un autre Meaulnes ; non plus lécolier qui sétait évadé dans une carriole de paysan, mais un être charmant et romanesque, au milieu dun beau livre de prix Plus loin, la rencontre avec Yvonne est remémorée dans les termes verlainiens du rêve familier : Souvent, plus tard, lorsquil sendormait après avoir désespérément essayé de se rappeler le beau visage effacé, il voyait en rêve passer des rangées de jeunes femmes qui ressemblaient à celle-ci. Lune avait un chapeau comme elle et lautre son air un peu penché ; lautre son regard si pur ; lautre encore sa taille fine, et lautre avait aussi ses yeux bleus : mais aucune de ces femmes nétait jamais la grande jeune fille. Ce rattachement au songe est dailleurs avoué au cours de la promenade en bateau, alors que la scène se déroule en plein jour : tout sarrangea comme dans un rêve. Alain Fournier crée aussi des couples comme dans les contes : aristocratiepaysans, rêveréalité, hieraujourdhui souvenirtemps de la narration, à la manière de Nerval dans. Justement, cest parce que Valentine est une couturière et non pas une princesse quelle na pas répondu à sa promesse et que le charme est rompu, que le monde enchanté retourne au désarroi et à la dévastation du réel. Seul en effet lunivers féerique permet au manant despérer la promotion sociale de son mérite reconnue dans les épousailles de la princesse. Comme dans le conte enfin, les frontières entre le merveilleux et lexistence prosaïque ne sont pas étanches. Meaulnes se déshabille pour rendosser son vieux vêtement misérable mais, distraitement, déposa sur une chaise ses habits demprunt, se trompant de gilet. Ce signe est encore caractéristique du récit féerique. Il joue pour lintéressé le rôle de preuve : il atteste que le monde merveilleux dans lequel le héros est entré par effraction est bien réel lui aussi. De plus lobjet opère souvent comme un talisman. Ainsi cette première partie, comme dans tout conte, possède sa fonction initiatrice, ici double : un voyage au pays de lenfance en même temps que lépreuve de ladolescence. Un roman daventures Quarante ans après sa mort, la vie privée dAlain-Fournier défraie la chronique. Ses héritiers et particulièrement sa sœur Isabelle font de lui un adolescent angélique. Son livre Images dAlain-Fournier 1938 en donne une image lénifiante. Lintérêt pour la vie dAlain-Fournier rebondit avec les déclarations de madame Simone, qui publie ses Mémoires dans les années cinquante. Celle qui fut sa maîtresse veut en finir avec limage simpliste dun adolescent à lâme tourmentée, se tournant vers la foi. Quarante-deux ans après laventure, elle lève le voile sur ses relations avec lauteur, le présentant sous les traits virils dun amant passionné et non pas campé dans son personnage de jeune homme évanescent. Le livre de madame Simone fait scandale dans la famille dAlain-Fournier et Isabelle répond par une seconde histoire de son frère en 1963. Ce livre va déclencher une retentissante bataille darticles à sensation. Opposant ses révélations à celles de Simone, elle raconte pour la première fois la rencontre à Rochefort entre son frère et Yvonne de Quièvrecourt, en 1913, sefforçant de réduire cette brève existence à lhistoire exemplaire dun adolescent très pur, marqué par la révélation dun impossible amour et refusant toute compromission avec le réel. Il sagit pour elle de démontrer que lactrice na pas été la muse de son frère et quelle la, au contraire, par les séductions mondaines, détourné de son monde intérieur. Le défaut dobjectivité du texte ne pouvait manquer de déclencher une nouvelle et durable polémique : aigres réponses de Simone, échanges darticles virulents ; encore en 1992, Alain Buisine, dans Les Mauvaises Pensées du Grand Meaulnes, éprouve le besoin de dénoncer le puissant mythe qui sest construit autour dun homme quon na cessé didéaliser et dun roman jamais critiqué. Aaah! Ça me fait plaisir alors! Cest un livre que jai beaucoup aimé et je compte bien le partager avec dautres :.